Collège Kennedy en grève

Le collège Kennedy de Mulhouse est en grève depuis la rentrée du 2 novembre.

Voici leur communiqué de presse


Communiqué de presse des personnels du collège Kennedy Mulhouse.
Nous, personnels du collège Kennedy, serons en grève le lundi 2 novembre, car nous sommes
scandalisés par les conditions de reprise annoncées, tardivement et après moult tergiversations, par
le Ministère.
Le 16 octobre dernier, l’un de nos collègues a été assassiné parce qu’il exerçait son métier. Suite à
ces événements, le ministère nous a annoncé dans un premier temps vouloir nous laisser le temps de
nous réunir le lundi matin afin de préparer comme il se doit la mise en oeuvre de l’hommage auprès
de nos élèves. Il apparaît en effet nécessaire, après la coupure qu’aura occasionnée la période de
vacances et compte tenu des réactions diverses provoquées par cet événement, de pouvoir nous
entretenir avec nos élèves afin de pouvoir répondre à leurs interrogations et rendre hommage à
Samuel Paty dans des conditions plus sereines. Le Ministère prévoit finalement de limiter
l’hommage à une simple minute de silence, sans qu’aucun temps de réflexion et de discussion
conséquent ne soit prévu dans la journée. Nous considérons que ces modalités ne sont pas
acceptables.
Par ailleurs, que le plan blanc est activé dans le Haut-Rhin, les conditions de rentrée proposées par
le ministère ne nous permettent pas de reprendre sans mettre la santé de nos élèves et de leurs
familles en danger. Alors que la contagiosité des 12-18 ans est de plus en plus mentionnée dans la
presse scientifique, on peut sérieusement s’inquiéter du phénomène de propagation du virus
résultant d’un retour en classe dans les conditions actuelles immédiatement après l’explosion
dramatique du nombre de cas positifs à l’origine du reconfinement. Ainsi, nous appliquions déjà la
plus grande part du protocole depuis septembre et malgré nos précautions et dans une phase de
circulation bien plus faible, trois classes ont déjà dû être fermées à la veille des vacances. Peut-être
que l’exiguïté de nos locaux provisoires (nous attendons toujours la visite du comité d’hygiène, de
sécurité et des conditions de travail promise à la rentrée et déjà reportée sans raison) et le brassage
systématique induit par les déplacements en bus de nos élèves de leur domicile au nouveau site y
sont aussi pour beaucoup et doivent être repensés de manière urgente.
Nous sommes tout à fait conscients des carences en termes d’apprentissage issues du premier
confinement et de la nécessité pour nos élèves de reprendre les cours et ne demandons qu’à pouvoir
les prendre en charge, mais toutes les mesures proposées au ministère afin de garantir la sécurité de
ces derniers ont été rejetées. Nous réaffirmons notamment la nécessité de pouvoir accueillir les
élèves en groupe, sur la base d’une présence alternée au collège, afin de permettre une réelle
distanciation dans les salles et la cour de récréation. Même si un tel dispositif nous obligera à revoir
entièrement notre enseignement, nous préférons alourdir notre charge de travail plutôt que de
favoriser la diffusion du virus. Il nous semble que le Ministère, en agissant dans l’urgence et au nom
d’un maintien d’une certaine partie de l’activité économique, prend un risque considérable
concernant la santé des personnels, des élèves et de leurs familles.
Nous ne reprendrons les cours que lorsque la possibilité nous aura été donnée de pouvoir assurer
sereinement la continuité pédagogique tout en garantissant la sécurité des élèves, notamment par la
mise en place d’un enseignement en demi-classes qui combine présentiel et distanciel et d’un
échelonage strict des arrivées et sorties de notre collège.
Fait à Mulhouse le 01 novembre 2020


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