Le SNEP-FSU suspend sa participation aux discussions lycées
L’avis des personnels doit être entendu !

Le SNEP a adressé une lettre à X. Darcos le 13 octobre, rappelant ses exigences concernant la réforme des lycées, tant sur les questions de l’EPS que sur les questions générales. Il demandait au ministre de lui préciser que le projet de réforme pouvait être bâti sur d’autres bases que celles qui circulent publiquement, notamment concernant la baisse des horaires globaux et le tout modulaire, deux éléments que le SNEP conteste. Il interrogeait X. Darcos sur sa volonté réelle de négocier et de tenir compte des propositions des syndicats les plus représentatifs.

Le SNEP constate qu’aucune réponse ne lui a été apportée y compris lors de l’audience avec M. de Gaudemar, chargé de mission, le mercredi 15 octobre. Même si ce dernier déclare les hypothèses ouvertes, le poids de la réduction des horaires et de la modularisation des enseignements semble bien piloter la réflexion et bloquer la prise en compte de demandes justifiées, pour améliorer la scolarisation et la réussite des jeunes en lycée.

Concernant l’EPS, si le SNEP constate avec satisfaction que la présence de cette discipline dans les enseignements obligatoires n’est actuellement pas remise en cause, l’exigence de la profession d’augmentation horaire est exclue et la semestrialisation de l’enseignement, pourtant contestée par les enseignants d’EPS, reste une hypothèse avancée.

Par ailleurs la réduction prévue du cadre horaire global risque aussi d’aboutir à une diminution des choix optionnels d’EPS, par rapport à la situation actuelle déjà jugée insuffisante par le SNEP.

Il ne cautionnera pas une quelconque tentative d’affaiblissement de l’EPS en lycée.

Les orientations qui apparaissent actuellement vont à l’encontre des objectifs portés par le SNEP de réussite des jeunes et accentueraient encore la ségrégation sociale.

En conséquence, le SNEP décide de suspendre sa participation aux discussions. Les options gouvernementales qui seront annoncées et la prise en compte ou non des propositions des organisations les plus représentatives, pèseront sur l’attitude future du SNEP concernant les autres volets de la réforme (programmes et services des enseignants).

En tout état de cause, il appelle d’ores et déjà la profession à combattre des choix qui seraient contraires à l’intérêt des élèves et des personnels.

Il les appelle à signer massivement la pétition SNES-SNEP sur les lycées et à participer à la manifestation nationale unitaire du 19 octobre pour y porter leurs exigences pour le système éducatif.

Contact : Serge Chabrol, 06.75.03.24.57

 

COMPTE-RENDU DE LA RENCONTRE SNEP – JP DE GAUDEMAR
Mercredi 24 septembre 2008
SNEP : Martine Le Ferrand, Christian Couturier, Michel Fouquet
La position et les propositions du SNEP ont été rappelées à Jean Paul de Gaudemar [JPDG] (position déjà exprimée lors des rencontres en juillet et fin août)
Sur les questions générales :
Nous avons dans un premier temps rappelé notre position sur l’orientation de la réforme en débat : Oui, le lycée peut et doit être amélioré ; Non, on ne peut espérer faire mieux avec moins d’école et moins d’enseignants. C’est bien de « plus et mieux » d’école dont les lycéens ont besoin.
Par ailleurs, l’importance de ce travail nécessite de prendre le temps de la discussion et d’associer les collègues. C’est une autre condition d’une bonne réforme.
Sur ces orientations générales, le SNEP est en accord avec les positions exprimées par le SNES.
Sur la place de l’EPS et du sport scolaire :
Nous avons rappelé notre souhait de voir confortée la place de l’EPS et du sport scolaire dans le lycée, eu égard à leur apport original.
Pour l’EPS obligatoire : Deux heures/semaine, c’est une seule séance, souvent amputée par les contraintes de déplacement. Notre demande de 3h hebdomadaires, c’est aussi avec l’idée de pouvoir programmer 2 séances par semaine. Nous faisons la proposition de considérer le temps de pratique effective.
Les options (facultative et de détermination puis de complément), concernent environ 45 000 lycéens. Elles représentent un dispositif intéressant et présentent un bilan positif. Mais elles sont aussi malheureusement une des cibles privilégiées de redéploiement dès lors qu’il y a pertes de moyens.
L’option « lourde » avait été proposée par le SNEP dans la perspective d’un parcours de formation « coloré EPS » dans les différentes séries du lycée. Elle n’a pas été développée à la hauteur des
engagements initiaux (qui étaient de 2 par département). Le sport scolaire (AS et UNSS) est, avec le forfait de 3h dans le service des enseignants d’EPS, une originalité que la réforme pourrait envisager d’étendre à d’autres champs disciplinaires. Les AS de lycée souffrent souvent de la non libération du mercredi après‐midi, et de la tendance à masser le temps scolaire (suppression des cours du samedi matin, diminution de la pause
méridienne). L’AS et les activités pratiquées devraient être une vitrine de la vie du lycée, elles devraient être mieux connues, mieux valorisées. Le mercredi après‐midi devrait être considéré comme un temps de « respiration » pour les lycéen(nes), ouvert à diverses activités socioculturelles, à côté de celles de l’AS.

Les propositions de JP de Gaudemar :
JPDG a rappelé que rien n’est arbitré à ce jour. Des hypothèses « sur la façon de monter les murs » sont mises en débat, discutées dans les réunions bilatérales, et c’est au final le ministre qui tranchera.

1) L’EPS a toute sa place au lycée ; elle a une contribution positive aux apprentissages. Notre demande d’augmentation des horaires ne peut être prise en considération dans le cadre tracé (ce n’est pas « une hypothèse réaliste »). L’idée est donc de conserver un potentiel de 2h d’EPS par semaine pour tous les lycéens.

2) Cependant, pourquoi ne pas profiter de la réforme pour « avancer » une autre organisation ? L’idée serait d’organiser l’enseignement de l’EPS (comme les autres enseignements) en modules semestriels de 3h, chaque élève devant suivre sur les 3 années,
4 modules de 3h. (Cela est effectivement a priori une opération blanche en terme d'horaires : 4 x 3h = 12h sur un semestre, soit l’équivalent en volume de la situation actuelle, 6h sur les 3 années, mais cette proposition induit l’absence d’EPS sur 2 fois ½ année pendant a scolarité au lycée). JPDG y voit une réponse à la fois à notre exigence de 2 séances hebdomadaires et un palliatif aux séances écourtées par les temps de déplacement (mais 3h, c’est une fois 3h ou 2x 1h30 ou 2h+ 1h ou 3x 1h ?), mais ça ne résout pas la question des IS éloignées.
Il indique alors des conséquences prévisibles sur les programmes.

3) JPDG envisage d’inscrire l’option lourde dans une « coloration » de parcours, qui n’aurait pas pour (seule) fonction de préparer à des études en STAPS, mais qui pourrait être un élément d’un parcours de spécialisation. Le module EPS optionnel pourrait être intégré dans les modules de type technologiques (technologie du corps, c’est le terme employé par JPDG ? des APSA ?), avec :
• En seconde un « module d’exploration »
• Au cycle terminal, un « module de spécialisation », qui pourrait prendre la forme d’une « coloration de parcours » (EPS en lien avec la dominante du parcours choisi) ou d’un « enrichissement de parcours » (choix personnel de l’élève). Il n’y aurait qu’un type d’option dans cette construction, regroupant les deux options
actuelles. L’horaire serait de 3h (aujourd’hui 5h pour l’option lourde), mais dans un ensemble « technologie du corps » associé à un module de type technologique, il est possible que ce
soit plus de 3h … Sur ces deux propositions (4 modules de 3h d’EPS obligatoire, et option EPS), JPDG souhaite
recueillir l’avis du SNEP. Il répète que rien n’est bouclé. Il est disposé à recevoir nos propositions, et à nous rencontrer à nouveau (réunion prévue le 29 octobre).

4) Concernant l’aide et le soutien, l’accompagnement, JPDG pense « qu’il y a de la place pour tout le monde » (les enseignants d’EPS peuvent s’investir dans l’aide aux élèves), et à notre demande, accepte le principe d’une aide « spécifique EPS », si le besoin s’en fait sentir (Dans le projet actuel, cela fait partie de l’autonomie des lycées).
Tout cela (l’obligatoire, l’optionnel et l’accompagnement) doit a priori « tenir » dans 975h annuelles, soit 27h/ semaine.
On en revient au point de départ : Comment envisager une réforme ambitieuse avec un tel cadre horaire ? (JPDG gardera‐t‐il les mêmes orientations lorsqu’il devra faire rentrer tous les blocs dans 27h hebdo ? Si l’élève a un choix d’un nombre limité de modules parmi un large éventail de propositions, l’option EPS ne risque‐t‐elle pas d’être marginalisée ? Le même raisonnement pouvant être tenu avec les choix relevant de l’établissement (gestion de la DHG dans le cadre d’une autonomie renforcée). Nous avons mis en garde contre un dispositif qui conserverait, dans l’affichage, une option EPS, mais proposerait un cadre qui concrètement, aboutirait à un
affaiblissement de la situation actuelle.

5) Concernant le sport scolaire, le « recteur JPDG » [il est actuellement recteur d’Aix‐Marseille] rappelle les difficultés de nombreuses AS de lycée. Il dit son souhait d’améliorer la situation, car il est persuadé que le sport scolaire a beaucoup à apporter aux lycées et aux lycéen(ne)s et regrette que les chefs d’établissement ne s’investissent pas plus dans son développement. Il dit que l’AS ne rentre pas dans la mission qui lui est confiée (et laisse entendre que rien ne devrait bouger sur l’organisation actuelle).
En conclusion : Les propositions de JPDG doivent être analysées dans une perspective à la fois quantitative et qualitative. Représentent-elles une opportunité de progrès (temps de pratique, contenus proposés, …), une forme de statu quo, ou une possible régression de notre discipline ?
Le SNEP rencontre à nouveau JPDG le 29 octobre.
D’ici là, tous les avis sont les bienvenus. Réactions sur christian.couturier@snepfsu.net
Le 26/9/08,
MF, MLF, CC

  La réforme des lycées sept 08  : doc à télécharger
10/03/2008 - Communiqué de presse
Signature d’une convention de partenariat entre l’académie de Strasbourg,
le Comité Régional Olympique et Sportif d’Alsace (CROSA)
et la Direction régionale de la Jeunesse, des Sports et de la Vie Associative
 

Gérald Chaix, recteur de l’académie de Strasbourg, chancelier des universités d’Alsace, Raymond Hahn, président du CROSA, et Jean-Jacques Bonhomme, directeur régional de la Jeunesse, des Sports et de la Vie Associative signeront mardi 18 mars 2008 à 17h30 dans les salons du rectorat 6, rue de la Toussaint à Strasbourg, une convention de partenariat pour favoriser les actions éducatives en matière de sport et d’activité physique.

Cette convention offre aux établissements scolaires et aux associations sportives scolaires d’une part, aux partenaires chargés des activités périscolaires et aux clubs sportifs d’autre part, un cadre formel qui facilite la mise en place de projets éducatifs liés au sport et aux activités physiques autour de grandes thématiques telles que

  • contribuer à la santé,
  • faire obstacle aux méfaits de la sédentarité et de l’obésité,
  • lutter contre le dopage,
  • développer le sens de l’engagement,
  • favoriser une attitude responsable et citoyenne en matière de spectacle sportif,
  • contribuer à impliquer les sportifs professionnels ou de haut niveau dans des actions éducatives auprès de la jeunesse,
  • favoriser l’insertion professionnelle dans les métiers du sport,
  • développer l’accès des jeunes élèves aux activités physiques et sportives dans le temps périscolaire et favoriser pour ceux d’entre eux qui le souhaitent la poursuite de l’activité dans un club sportif.

La convention renforce et consolide également les partenariats existants qui sont portés par les instances régionales de l’Union nationale du sport scolaire (UNSS) et de la Fédération française du sport universitaire (FFSU)

Contact

Daniel Pauthier, inspecteur d’académie et inspecteur pédagogique régional d’éducation physique et sportive, tél.03.88.23.39.73 (secrétariat : 03 88 23 38 59)

Zone de Texte:

                                       

 

Communiqué de l’intersyndicale du 20 décembre 2007

 

Non à la généralisation des Bacs Pro 3 ans,

non à la suppression des BEP : la mobilisation se poursuit et s’amplifie

 

Nos organisations syndicales refusent la disparition des sections de BEP (2 ans) et des sections Bac pro (cursus 4 ans) voulue par le Ministre X. Darcos.

La nouvelle note aux recteurs du 18 décembre ainsi que le protocole de « discussion » se placent dans cette logique. C’est pourquoi nous ne le signons pas.

 

Face à la mobilisation des personnels et des organisations syndicales, le ministre a prétendu, avec son « protocole », ouvrir la concertation. Il n’en est rien :

c’est bien la généralisation à marche forcée des Bac Pro 3 ans dès la rentrée 2008 (par exemple, à Versailles, le recteur a prévu de passer de 16% à 35% le nombre de sections Bac Pro 3 ans par la suppression de 140 BEP ; à Lyon, 150 transformations de BEP sont annoncées, etc.).

 

Le mois de janvier sera l’occasion pour les personnels d’exprimer leur désaccord, d’empêcher les suppressions massives de sections de BEP, de réaffirmer leur attachement aux diplômes nationaux du BEP et du BAC.

Nous appelons les collègues à se réunir en assemblées générales, avec leurs organisations syndicales, dans leurs établissements. Nous soutiendrons toutes les initiatives (rassemblement, manifestation, information en direction des parents et des élèves, grève…) dans les départements et académies, notamment lors des réunions des CTP.

 

L’évolution de la voie professionnelle doit se faire dans le sens de l’intérêt des élèves, elle ne peut s’effectuer dans le cadre budgétaire des suppressions massives d’emplois : 8800 dans le second degré, 20 000 emplois par an devraient être supprimés pendant 4 ans.

► C’est pourquoi, nous appelons aussi les personnels à participer massivement à la journée de grève et de manifestation, le jeudi 24 janvier à l’initiative des fédérations de fonctionnaires.

 

Nos organisations syndicales exigent du ministre qu’il ouvre de véritables négociations. Elles ont des propositions et revendications. Elles ne sauraient accepter de préalable.. Elles veulent que les lycées professionnels puissent continuer à accueillir tous les élèves qui, en fin de 3ème, souhaitent s’orienter vers les filières qualifiantes que constituent les BEP et les Bac Pro.

 

L’intersyndicale UNSEN-CGT, SN-FO-LC, SNUEP, SUD se réunira le 9 janvier 2008 à 16 h.

La réforme du bac professionnel : Editorial du recteur 20/12/2007 -

 

Le protocole de discussion sur la réforme du baccalauréat professionnel en trois ans, signé le mardi 18 décembre 2007 par le ministre de l’Education nationale et quatre syndicats de l’enseignement professionnel – le SNETAA-EIL, le SGEN-CFDT, le SE-UNSA et le SNALC-CSEN – est un jalon important dans le processus de rénovation de la voie professionnelle.

Les enjeux de la rénovation font l’objet d’un accord :

§                                 élever le niveau de qualification, en ouvrant l’accès à un plus grand nombre d’élèves au niveau IV de formation (baccalauréat) ;

§                                 consacrer l’égale dignité de la voie professionnelle par rapport à la voie générale et à la voie technologique ;

§                                 mieux répondre aux besoins du monde économique.


Les modalités de la rénovation ont été définies. Le calendrier prévoit ainsi la mise en œuvre de la réforme pour la rentrée 2009, l’année 2008 étant mise à profit pour poursuivre l’expérimentation. Le travail en commun, qui permettra d’organiser l’évolution de l’enseignement professionnel, et en particulier celle des baccalauréats professionnels se concentrera entre autres sur :

§                                 la place et le statut des diplômes de niveau V afin de renforcer leur capacité d’insertion dans l’emploi et la reconnaissance réelle par les branches professionnelles;

§                                 la détermination de passerelles entre les formations de niveau V et les formations de niveau IV;

§                                 l’organisation de la scolarité et les modalités pédagogiques des baccalauréats professionnels en 3 ans selon les publics;

§                                 l’évolution de l’enseignement professionnel pour qu’il accueille des publics diversifiés dans le but d’augmenter les niveaux de qualification;

§                                 les perspectives pour favoriser la réussite des bacheliers professionnels dans l’enseignement supérieur;

§                                 la mise en place de parcours diversifiés dans le cadre de l’article 34 de la loi d’orientation.


La démarche vaut aussi pour notre académie. Les enjeux y sont les mêmes : élévation du niveau de qualification, valorisation de la voie professionnelle, prise en compte des mutations et des besoins du monde économique. La réflexion a déjà commencé dans les établissements. C’est sur cette base qu’une première liste d’intentions, pour l’année 2008, a été élaborée. Il convient à présent de poursuivre la réflexion tant au niveau académique qu’au niveau local pour arrêter la carte des formations, préciser le rythme des évolutions et élaborer les changements pédagogiques. La concertation est plus que jamais nécessaire. Pour faire avancer la rénovation de la voie professionnelle et ainsi mieux assurer la réussite de tous nos élèves.


Gérald CHAIX, recteur de l’académie de Strasbourg, chancelier des universités d’Alsace

Voyages et sorties scolaires : tous les textes teléchargez le document

Enseignement de la natation
(Circulaire n° 2004-139 du 13 juillet 2004)

Recommandations sur les risques particuliers à l'enseignement de l'EPS
(Circulaire n° 2004-138 du 13 juillet 2004)

La position du SNEP sur le bac EPS


Le développement de la situation actuelle nous amène à repréciser les principes qui nous ont animés sur la question du Bac EPS et à reconsidérer les formes de notre intervention pour le ne pas s’enfermer dans des visions à court terme qui pourraient être préjudiciables à la discipline et aux élèves. La défense de ces principes, issus de nos mandats de congrès, a abouti à un texte faisant l’accord des différentes parties engagées (institution/partenaires sociaux) et voté au CSE. Il s’agit de l’arrêté d’avril 2002 régissant les nouvelles modalités des épreuves du Bac. Nous avons dans le même temps demandé des moyens (indemnités, formations…) pour mettre en œuvre ces nouvelles orientations.
Il s’agissait essentiellement de mieux ancrer l’EPS dans le dispositif du Bac général, en lui donnant un cadre national qui faisait défaut jusqu’alors. Il s’agissait encore de garantir une meilleure équité pour les élèves en affichant clairement la nature des épreuves et des attentes en terme de compétences, en cohérence avec les programmes. Il s’agissait aussi de mettre en place un jury d’examinateurs pour rendre l’attribution de la note plus officielle et solennelle et éviter ainsi les contestations possibles. Il s’agissait, pour terminer, de raccourcir le temps d’évaluation pour le remettre à sa juste place : un moment qui vient « ponctuer » un cycle de formation.
Notre responsabilité syndicale est bien-sûr de tenir notre mandat, mais aussi d’analyser précisément les mises en œuvre et en particulier vérifier que celles-ci ne sont pas contradictoires avec les principes défendus. Dès la publication de la note de service nous avons fait part à l’administration et à la profession de notre désaccord : certaines propositions ou formulations (co-évaluation, correspondance compétence/groupes d’activité…) allaient à l’encontre de l’esprit de l’arrêté et des programmes. Par ailleurs nous avons souhaité qu’une véritable année d’expérimentation soit programmée pour s’assurer de la faisabilité de l’opération. Nous n’avons pas été entendus.

Aujourd’hui la situation est évidemment plus complexe puisque toute une classe d’âge est engagée sur le nouveau Bac et que les élèves ne doivent pas être pénalisés par les dysfonctionnements de l’institution. Et comme souvent, c’est sur les enseignants que repose in fine la responsabilité de la bonne marche du système.

Il faut se dégager des pressions et des aménagements à court terme : s’il convient de répondre ici et maintenant aux problèmes concrets il faut aussi lancer des pistes de réflexion et faire des propositions pour l’avenir.
Pour une part, certaines propositions, en particulier à cause du manque de moyen, ont produit des effets inverses de ceux attendus. La gestion de la co-évaluation par exemple, par le refus d’indemniser les enseignants et reconnaître ainsi le travail supplémentaire fourni, ont amené les enseignants à trouver des solutions qui ont majoritairement conduit à diminuer les temps d’apprentissage et augmenter la complexité de l’observation/notation. Par ricoché, ceci nous conduit à interroger de façon plus approfondie plusieurs points qui échappent aujourd’hui à la discussion : le nombre d’activités (3) qui s’avère très contraignant, ne laissant aucune latitude dans l’année pour la gestion du temps d’apprentissage, et la nature même du contrôle en cours de formation qui, nombre de collègues commencent à en parler, s’avère ne pas être forcément la solution la plus adaptée à notre discipline (retour par exemple à une vraie part de contrôle ponctuel…). Les errements et les bricolages autour des référentiels, sans explication ni transparence interrogent également le contenu et le processus d’élaboration des productions institutionnelles et tendent à décrédibiliser la discipline. Enfin, dans un contexte où l’on nous présente la décentralisation comme le nec plus ultra de la gestion efficace de l’école, on doit faire le constat des disparités dans l’accompagnement des mesures qui sont, selon les académies, criantes et parfois désespérantes : ici on nous demande de remettre les notes attribuées aux élèves en l’état, là on nous demande une première harmonisation dans l’établissement, ici nous avons des logiciels pour rentrer les notes, là rien n’est prévu…

Nous avons produit deux documents (disponibles sur notre site internet, envoyés à la DESCO, à l’IG ainsi qu’à tous les IPR) depuis le début de l’année pour participer à un travail constructif sur l’avenir du Bac EPS. Nous n’avons à ce jour aucune réponse aux questions que nous posons. Pire l’attitude du ministère pourrait nous conduire à un choix de notre point de vue suicidaire : ou tout accepter en bloc ou tout refuser.
Nous refusons ce « marché » implicite et gardons à l’esprit l’orientation qui est la nôtre depuis le début : être fermes et exigeants à la fois sur les principes et les mises en œuvres concrètes.
Nous souhaitons réengager le débat, avec la volonté de notre part d'envisager toutes les alternatives possibles, sans exclusive, sur, au moins, les sujet suivants:
- les méthodes de travail pour progressivement mettre en place des référentiels adaptés ;
- la nature et la forme que doit prendre la "co-évaluation" (dont nous récusons actuellement l'appellation qui ne correspond pas à l'esprit des programmes) ;
- le nombre d'activités à évaluer ;
- les barèmes (point largement sous-estimé actuellement)
- les garçons et les filles ;

Par ailleurs, le syndicat devra se prononcer sur l'attitude à adopter face au refus ministériel d'octroyer les moyens nécessaires et définir l'action la plus adaptée sur le long terme, pour engager la profession à faire pression. Il faudra également définir plus précisément nos attentes en matière d'accompagnement de la réforme : l'urgence a été invoquée cette année, elle ne pourra plus l'être l'année prochaine. La FPC doit aussi être développée pour, non pas informer les enseignants de la "bonne" marche à suivre, mais réellement associer tous les professionnels à la construction et au développement de l'évaluation dans la discipline.

Enfin, concernant l'action de cette fin d'année scolaire, qui dépasse largement bien-sûr cette question, le CDN (position à déterminer et à voter) rappelle qu'il n'est pas dans notre culture syndicale de pénaliser les élèves en prenant des mesures dont on ne maîtrise pas la portée. Aussi nous appelons les collègues à faire en sorte que les évaluations soient assurées et les notes transmises. Cette position pourra être réviser régulièrement en fonction de l'évolution des évènements.
 

 

Evaluation au Bac : compte rendu du stage syndical du 5 décembre 2002

STAGE SYNDICAL SUR LES NOUVELLES MODALITES D'EVALUATION DU BAC EPS

5 Décembre 2002, Sélestat, animé par Christian Couturier(SNEP National)

Présentation générale :
Jusqu’alors, il y avait en France 2 500 façons différentes d’évaluer au Bac (autant que de lycées).
Notons que dans la plupart des cas, le CCF ressemblait plutôt à un contrôle continu (la rubrique connaissance étant souvent
réduite à une participation-progrès, donc non certificative)

Dans le nouveau contexte, 4 types de conflits apparaissent :
1er conflit : entre la prescription institutionnelle, l’expertise des enseignants, et la réalité du terrain : il y a incompatibilité entre ces 3 pôles.
2ème conflit : la certification
la profession se force pour la mettre en place, les collègues font des concessions (pourquoi pénaliser l’élève qui s’investit) s’il y avait certification effective, les notes ne seraient pas les mêmes.
3éme conflit : la rationalisation de l’évaluation
On ne sait pas bien la faire car il n’y a pas forcément des critères scientifiques identifiés.
4ème conflit : on nous demande de prendre toutes nos responsabilités sur le terrain, alors que la profession a été peu ou pas consultée ; l’Administration, elle, ne prend pas les siennes (pas de moyens, pas de formation).

Des questions essentielles à se poser, des problématiques :
BAC national ou pas ?
Exigences certificatives ou non ? (il faut parfois régler des problèmes comportementaux avant de rentrer dans les exigences)
Culture commune ou non ?
Equité ou non ? (y a-t-il égalité pour tous au niveau national)
L’EPS est-elle une discipline scolaire ou non ?
Démocratisation ou non ? (peut-on prôner actuellement la réussite de tous ?)
Cette problématique englobe également la diversité des points de vue dans la profession : accepte-t-on des manières de pensée différentes ?
que peut-on construire de commun au plan national au vu de cette diversité ?

DEBAT GENERAL
Question : y a-t-il eu consultation de la part du SNEP ?
Réponse : il y a eu une information régulière dans les bulletins.
La position du SNEP :

L’arrêté a été approuvé, un certain nombre de choses apparaissent positives (épreuve nationale).
La note de service a été refusée (pas de moyens), de toute façon le Syndicat n’a pas à se substituer à l’Administration, c’était à elle d’établir la consultation.

La co-évaluation
à 80 %, la profession est pour.
Pour le SNEP, l’idée n’est pas de rendre crédible l’évaluation, mais une co-évaluation apparaît plus sommative ; celle-ci faite par un seul enseignant laisse trop de place à l’évaluation du comportement (participation, progrès).

La décentralisation (au regard du référentiel national)
Elle augmente les inégalités d'où le risque de trouver des référentiels différents.

L’intérêt du CCF pour le Ministère : économie de 40 millions de Frs.
Il n’y aura pas de baisse de notes, les commissions vont les monter pour ne pas léser les élèves ; par contre, il faut exiger une transparence absolue, une publication des résultats, une étude sérieuse dans chaque Académie. Ne pas bidouiller les notes, sinon on retombe dans le contrôle continu ; en le faisant on pourrait penser que tout va bien dans le meilleur des mondes.
Ne pas craindre de poser des exigences de qualité, il s’agit de la crédibilité de l’examen, de la discipline (ex : tous les élèves doivent savoir nager).
Les listes d’activités :
Nationales : on ne sait pas comment elles ont été décidées.
Académiques : le SNEP va demander que chaque établissement ait la possibilité d’en proposer (selon les conditions locales), et qu’elles soient validées par le Rectorat.
Mettre en perspective le programme du Bac et :
- la santé publique
- la qualité des installations
- la formation des enseignants

CONCLUSION
Il faut certifier le Bac au plan national (notion de contrat social, de comptes à rendre à la société
Pas de remise en cause du fond (épreuve nationale) mais de la forme, du contenu (consultation de la profession).
On peut déplorer le faible nombre de stagiaires participant au stage (13) au vu des enjeux du Bac.

Patrick RIGAUD, LPO L. de Schwendei, Ingersheim